Allocution de Rick George, chef de la direction de Suncor Énergie, au Congrès mondial de l’énergie
Rick George, président et chef de la direction, Suncor Énergie
Congrès mondial de l’énergie
Montréal (Québec)
Le 14 septembre 2010
La version prononcée fait foi
Merci Dennis (Trudeau), et bonjour à vous tous.
Je suis très heureux d’être ici. J’aimerais remercier le Conseil mondial de l’énergie de m’avoir invité à prendre la parole aujourd’hui.
Le Congrès mondial de l’énergie est vraiment la Coupe du monde des conférences sur l’énergie. Comme il s’agit d’un événement triennal qui réunit des leaders du monde de l’énergie des quatre coins du monde, une page d’histoire s’écrit chaque fois que le Congrès se déroule. Je suis certain que la rencontre de cette année ne fera pas exception.
Cet événement ne pouvait tomber mieux.
À mesure que nous émergeons de la récession mondiale — beaucoup plus lentement qu’on ne le souhaiterait — le secteur de l’énergie est certainement l’un des plus porteurs. Pour remettre l’économie mondiale sur pied, notre industrie doit continuer de croître et d’innover.
Du même coup, la catastrophe survenue dans le golfe du Mexique a encore une fois braqué les projecteurs du monde entier sur notre secteur, notamment sur les coûts et les risques associés à la production d’énergie.
Cet événement malheureux a relancé le débat — auquel j’accorde une grande importance — sur notre capacité de parvenir à un juste équilibre entre notre dépendance soutenue aux combustibles fossiles et la nécessité de protéger l’environnement.
La mission du Conseil mondial de l’énergie — qui est de « promouvoir l’approvisionnement et l’utilisation durables de l’énergie pour le plus grand bien de tous » — ne saurait être plus à propos.
Le thème des séances d’aujourd’hui est aussi extrêmement pertinent.
En tentant de déterminer la composition du panier énergétique pour assurer une stabilité à long terme, je crois que nous devons faire preuve d’audace… tout en restant pragmatiques.
J’ai toujours cru qu’il fallait accroître les choix énergétiques et non les restreindre.
Nous devons nous assurer que les sources d’énergie renouvelable, comme l’énergie solaire, l’énergie éolienne, l’énergie géothermique et les biocarburants, occuperont une plus grande part du panier énergétique du 21e siècle.
Nous devons également reconnaître que le développement de ces nouvelles sources d’énergie ne se fera pas du jour au lendemain. Dans un avenir prévisible, les hydrocarbures continueront donc d’occuper une place prépondérante et essentielle.
Les hydrocarbures tels que le pétrole, le gaz naturel et le charbon répondent actuellement à près de 85 % de la demande mondiale en énergie primaire — demande qui, selon les prévisions, pourrait augmenter de plus de 50 % au cours des 20 prochaines années.
En dépit de percées prometteuses au chapitre de l’énergie renouvelable, les plus récentes Perspectives énergétiques mondiales prévoient que les hydrocarbures représenteront encore 75 % de la demande d’énergie primaire d’ici 2050.
Le message semble clair : pour répondre à la demande d’énergie actuelle et future de façon responsable, nous devons poursuivre de façon dynamique deux voies parallèles.
D’une part, il nous faut devenir encore plus créatifs dans la recherche et l’exploitation des sources d’énergie classiques, qu’il s’agisse de pétrole, de gaz, de charbon ou d’énergie nucléaire — tout en étant responsables sur les plans environnemental et social.
D’autre part, nous devons mettre à profit ces sources classiques pour favoriser les travaux de recherche et développement reliés aux énergies de remplacement et aux nouvelles technologies écologiques.
L’exemple des sables pétrolifères
Voilà précisément l’approche que notre société, Suncor Énergie, privilégie.
Il y a quatre décennies, Suncor était un pionnier de l’exploitation des sables pétrolifères — et nous continuons de détenir la plus importante position dans une industrie qui polarise rapidement l’attention du monde entier.
Enfouies sous la forêt boréale du nord de l’Alberta, les réserves prouvées représentent 173 milliards de barils de pétrole récupérables par la technologie actuelle, ce qui en fait les plus importantes réserves de pétrole prouvées mondiales après celles de l’Arabie saoudite.
Il est intéressant de souligner que lorsque Suncor a commencé ses activités, le pétrole provenant des sables pétrolifères était lui-même considéré comme une source d’énergie de « remplacement » en raison de la difficulté d’extraire le bitume épais et visqueux du sable enrobé d’eau.
Dans les débuts, nombreux sont ceux qui ne croyaient pas en la rentabilité de ce secteur d’activité. Et ils ont eu raison pendant de nombreuses années.
Mais qu’est-ce qui a renversé la situation? Deux mots : innovation et technologie.
En adoptant de nouvelles technologies comme la cogénération et le forage horizontal, nous avons réussi à améliorer la fiabilité et la rendement et à rendre la production de cette ressource concurrentielle.
Toutefois, nous avons vite compris que le défi économique que posait la production des sables pétrolifères n’était pas le seul obstacle à la réussite.
Peu après mon entrée en fonction à titre de chef de la direction de Suncor au début des années 1990, notre Société s’est donné le mandat d’élaborer une vision positive de la place importante que les sables pétrolifères pourraient occuper dans le panier énergétique du 21e siècle.
Nous avons opté pour une vision centrée sur le développement durable qui s’harmonise tout à fait avec l’énoncé de mission du Conseil mondial de l’énergie. Notre modèle de gestion repose sur le principe du « triple résultat », ce qui veut dire produire et utiliser les ressources énergétiques de façon à assurer une croissance économique, à promouvoir le bien-être social et à réduire l’impact environnemental.
En conséquence, Suncor a été l’une des premières grandes sociétés énergétiques à se doter d’un plan d’action sur les changements climatiques pour assurer une meilleure gestion de ses émissions de gaz à effet de serre.
Reconnaissant que les attentes des groupes d’intérêt changeaient rapidement, nous nous sommes engagés à mettre en oeuvre des projets d’énergie renouvelable. À l’heure actuelle, Suncor est l’un des plus gros investisseurs dans l’énergie éolienne et les biocarburants au Canada et investira quelque 750 millions de dollars dans ce secteur d’ici 2012.
J’aborderai dans quelques instants d’autres mesures que nous prenons pour multiplier nos choix énergétiques et améliorer notre performance environnementale, dont plusieurs sont menées conjointement avec les autres grandes sociétés d’exploitation des sables pétrolifères.
J’aimerais avant tout expliquer brièvement pourquoi ce secteur constitue une histoire de réussite en émergence et comment, en combinaison avec d’autres formes de production d’énergie, nous pouvons contribuer de façon importante et positive au panier énergétique de demain.
Énergie fiable pour une ère nouvelle
Il est vrai que Suncor était un pionnier de l’exploitation des sables pétrolifères, mais plusieurs sociétés oeuvrent maintenant dans ce secteur. Mentionnons ConocoPhillips, Exxon, Total, Statoil et Sinopec, société pétrolière chinoise qui a acquis récemment une participation de près de 5 milliards de dollars dans des gisements de sables pétrolifères canadiens.
Ce qui attire ces sociétés internationales, c’est l’immense taille de cette ressource largement inexploitée qui est connue de tous.
Dans le cadre des séances d’aujourd’hui, on nous demande de réfléchir au système énergétique le plus adéquat pour assurer la stabilité à long terme à nos économies. Je crois bien humblement que les réserves de sables pétrolifères correspondent exactement à ce que nous cherchons.
La mise en valeur des sables pétrolifères s’apparente davantage à un processus de fabrication que l’extraction du pétrole classique. Nous savons exactement où les ressources se situent et n’avons pas à nous soucier des coûts d’exploration ni de forer un « puits sec ». Nous avons donc une chance unique de nous concentrer sur la technologie et le développement responsable de ces réserves à long terme.
Notre industrie voit bien au-delà des 10 ou 20 prochaines années, elle cherche plutôt à assurer une production d’énergie constante et fiable pendant un siècle et même plus.
La difficulté du secteur pétrolier à accroître son offre de brut pour répondre à la demande croissante explique également le grand intérêt des investisseurs mondiaux pour les sables pétrolifères.
En Amérique du Nord, il est de plus en plus difficile et coûteux de trouver du pétrole brut classique et de le mettre en valeur.
Par ailleurs, de nombreux pays, dont les réserves de pétrole classique sont encore abondantes, sont instables sur les plans politique et économique. En revanche, le Canada est un pays démocratique doté d’une économie ouverte qui exerce une surveillance réglementaire.
Puis, il y a la question de l’accessibilité.
On a beaucoup entendu parler au cours des dernières années de la théorie du « pic pétrolier », mais la réalité est plus complexe. Nous savons que les réserves mondiales sont encore très abondantes, mais leur mise en production constitue un défi de taille.
Seulement 20 % des réserves de pétrole brut classique restantes peuvent véritablement être exploitées par des entreprises non étatisées, ce qui équivaut à un approvisionnement mondial d’une durée inférieure à dix ans.
Près de 80 % de toutes les réserves mondiales sont sous le contrôle de gouvernements ou de sociétés pétrolières nationales. Cette situation tend à limiter les occasions de croissance et l’innovation technologique visant à faciliter la valorisation de ces réserves.
Voilà pourquoi les sables pétrolifères canadiens constituent un investissement de plus en plus attrayant.
La production tirée des sables pétrolifères devrait plus que doubler d’ici 2020, passant de 1,2 million de barils par jour en 2007 à près de 3 millions de barils par jour.
Les retombées économiques de cette croissance sont importantes. Selon le Canadian Energy Research Institute, la mise en valeur des sables pétrolifères devrait contribuer 1,7 billion de dollars au PIB du Canada au cours des 25 prochaines années. Cette même étude prévoit que notre industrie versera plus de 300 billions de dollars au Trésor public, qui serviront à financer le réseau routier, les soins de santé, les écoles et autres infrastructures sociales.
Plus du tiers de la production canadienne de pétrole brut provient désormais des sables pétrolifères. Dans le contexte nord-américain, le Canada est déjà le principal fournisseur de pétrole des États-Unis et près de la moitié du pétrole brut que nous exportons est extrait des sables pétrolifères.
À mesure que l’économie mondiale se redresse, nous pouvons encore une fois nous attendre à une augmentation de la demande en pétrole brut des pays énergivores d’Asie, en particulier la Chine. En faisant preuve de prévoyance et en assurant une planification efficace, les sables pétrolifères canadiens pourraient aider à répondre à cette demande à long terme.
C’est maintenant le temps de faire montre d’un peu d’humilité et de mettre les choses en perspective.
Même si les scénarios de croissance les plus ambitieux du secteur des sables pétrolifères se réalisaient, nous ne réussirions à répondre qu’à environ 4 % de la demande mondiale projetée en pétrole pour 2030. Ce pourcentage serait tout de même significatif, surtout si on prend en considération le potentiel de ce pays d’accroître sa production dans plusieurs autres secteurs, y compris le gaz naturel, le charbon, l’énergie nucléaire et l’énergie renouvelable.
L’avantage énergétique du Canada
Il me semble tout à fait approprié que le Congrès triennal du Conseil mondial de l’énergie se tienne cette année au Canada.
Après tout, certains voient le Canada comme une superpuissance énergétique émergente.
Outre le pétrole, le Canada est riche en ressources naturelles et compte parmi les rares pays industrialisés à être un exportateur net d’énergie.
En 2008, par exemple, le Canada a fourni 55 millions de mégawattheures d’électricité, 675 millions de barils de pétrole et plus de 3,6 billions de pieds cubes de gaz naturel aux États-Unis. Nos exportations énergétiques cette même année ont représenté plus de 120 milliards de dollars, et les investissements directs transfrontaliers en énergie se sont élevés à 90 milliards de dollars.
L’Est du Canada continue d’être un important fournisseur d’électricité aux États-Unis.
Dans l’Ouest du Canada, une grande partie de l’électricité est produite par les réserves de charbon domestique qui sont tellement vastes qu’elles pourraient même faire paraître les réserves de sables pétrolifères plus petites au chapitre du rendement énergétique et de la longévité.
Environ 15 % de l’électricité au Canada est produite par l’énergie nucléaire, ce qui représente un extraordinaire potentiel d’exportation. Et, compte tenu de l’intensité carbonique d’autres types de combustibles servant actuellement à la production d’électricité, il est probable que ce secteur prendra de l’expansion.
À l’instar de nombreux autres pays, le Canada pose des actions concrètes pour promouvoir divers types d’énergie renouvelable. Des sociétés comme Suncor font leur part en investissant une partie de leurs revenus de production actuels dans le développement des énergies de remplacement de demain.
À la lumière de la croissance mondiale de la demande, nous aurons besoin de toutes ces sources d’énergie — et plus encore. Malgré les effets troublants de la marée noire dans le golfe du Mexique, tout indique que nous devrons continuer de compter sur la production tirée des activités de forage extracôtier, à condition que celles-ci soient exécutées en toute sécurité et réglementées de façon rigoureuse pour prévenir d’autres incidents semblables.
Le principal défi associé à toutes ces sources d’énergie est d’exploiter leur plein potentiel — et de fournir l’énergie qui alimente nos économies et notre qualité de vie. Nous devons mener nos activités de façon à réduire le plus possible notre empreinte sur les ressources précieuses de notre planète, soit le sol, l’air et l’eau.
Nous assumons tous cette obligation chacun à notre façon. Par exemple, les producteurs d’énergie consacrent des sommes substantielles à la recherche de procédés propres de combustion du charbon, incluant des systèmes de captage et de stockage du dioxyde de carbone qui pourraient, à long terme, être appliqués dans le secteur des sables pétrolifères.
Mais étant une figure du secteur des sables pétrolifères, j’aimerais parler ouvertement des enjeux environnementaux particuliers auxquels notre industrie est confrontée et des mesures concrètes que nous prenons pour y faire face.
Les enjeux environnementaux
Je sais que les sables pétrolifères demeurent une ressource encore inconnue dans de nombreux pays du monde et peut-être même pour bon nombre d’entre vous.
Malheureusement, à l’extérieur du Canada, nombreux sont ceux qui ne connaissent que l’étiquette de « pétrole sale » que certains détracteurs ont accolé à ce secteur d’activité.
C’est une expression-choc qui relève davantage de la fiction que de la réalité.
Un groupe écologiste américain est même allé jusqu’à demander aux touristes de ne pas se rendre en Alberta tant que la province ne cessera pas ses activités d’exploitation des sables pétrolifères.
Évidemment, ce même groupe a miné son message avec une série d’affirmations discutables, notamment celle voulant que l’exploitation des sables pétrolifères ait perturbé une zone équivalant à deux fois la superficie du Royaume-Uni, alors qu’en réalité, cette zone correspond environ au tiers de la surface de la ville de Montréal.
Lors de campagnes similaires, on a affirmé que l’empreinte carbone du brut tiré des sables pétrolifères est de trois à cinq fois plus élevée que celle des autres bruts.
Encore une fois, ce n’est tout simplement pas vrai.
Des études indépendantes indiquent que l’intensité carbonique du brut tiré des sables pétrolifères n’est que légèrement plus élevée que celle de bon nombre d’autres sources de pétrole brut. Dans les faits, l’intensité carbonique de ce brut est plus faible que bien des sources classiques.
Certains veulent aussi vous faire croire que l’industrie canadienne des sables pétrolifères est l’ennemi public numéro un au chapitre des émissions de gaz à effet de serre. Mais les faits ne leur donnent pas raison.
Le Canada est actuellement responsable de 2 % des émissions de GES de la planète. Notre industrie, en revanche, est responsable de 5 % des émissions au Canada. Ensemble, ces deux pourcentages représentent environ un dixième de un pour cent des émissions mondiales — une petite fraction de ce que produisent le secteur du transport et les usines alimentées au charbon, pour n’en nommer que quelques-uns.
Comprenez-moi bien, les préoccupations à l’égard de l’impact environnemental de la mise en valeur des sables pétrolifères sont profondes et légitimes. Notre industrie consomme une grande quantité d’énergie et d’eau et les émissions absolues de dioxyde de carbone devraient augmenter à mesure que nos activités s’intensifieront.
Voilà pourquoi nous travaillons… nous devons travailler… et nous continuerons de travailler à continuellement améliorer notre performance environnementale.
Nous avons encore fort à faire, mais des progrès substantiels ont déjà été réalisés.
Depuis 1990, l’industrie des sables pétrolifères a recours à des technologies qui permettent de réduire de plus de 30 % la quantité de dioxyde de carbone émise pour chaque baril de pétrole produit.
La société Suncor a elle-même réduit l’utilisation de l’eau de plus du tiers depuis 2002. Nous cherchons maintenant à atteindre une série d’objectifs stratégiques visant à améliorer notre performance environnementale d’ici 2015. En effet, nous entendons réduire davantage l’utilisation de l’eau, la perturbation du sol et les émissions atmosphériques et accroître de façon marquée la remise en état des terrains.
Si quelqu’un doute de la capacité du secteur de l’énergie de créer de nouvelles technologies, je l’invite à prendre en compte la nouvelle approche de gestion des résidus miniers que nous avons mise au point.
Environ 20 % des gisements de sables pétrolifères peuvent être exploités à ciel ouvert; le reste exigera des techniques in situ qui sont de plus en plus courantes et laissent une empreinte plus faible.
Comme bon nombre d’entre vous le savent, les activités minières produisent des déchets liquides appelés « résidus » dans le cadre du procédé d’extraction. En raison du volume même de ces résidus et de la difficulté que pose leur solidification, le secteur des Sables pétrolifères a dû construire de plus en plus de bassins de résidus.
Pour vous dire franchement, ces bassins sont énormes, inesthétiques—et difficiles à restaurer.
Après de nombreuses années de recherche, Suncor a mis au point une nouvelle façon de sécher et de solidifier les résidus qui nous aidera à réduire les arrérages actuels et le besoin de construire d’autres bassins. Grâce à cette technologie, la remise en état des sites miniers prendra quatre fois moins de temps qu’aujourd’hui.
Il s’agit d’une percée révolutionnaire, mais onéreuse. Suncor investira plus d’un milliard de dollars à la mise en oeuvre de cette technologie au cours des deux prochaines années.
C’est ce qui fait que l’avenir de notre industrie s’annonce très prometteur : nous disposons de l’expertise technique et commerciale — et de façon plus importante, des capitaux nécessaires — pour financer la recherche et la mise au point de technologies qui représentent de véritables solutions aux enjeux environnementaux.
Outre les initiatives mises en oeuvre dans nos propres installations, nous intensifions notre collaboration avec nos partenaires de l’industrie pour réduire notre empreinte collective.
L’Oil Sands Leadership Initiative ou OSLI, créée récemment, constitue un exemple parfait de ce que je veux dire. Comptant Suncor et quatre autres sociétés d’exploitation des sables pétrolifères progressistes parmi ses membres, cet organisme se consacre entièrement aux innovations qui mèneront à l’amélioration continue de notre performance.
Reflétant les ambitions d’OSLI, son groupe de travail technologique tente de dresser un portrait de ce qu’un projet modèle de sables pétrolifères pourrait avoir l’air au 21e siècle. Voici quelques-unes des questions sur lesquelles le groupe se penche : Comment pourrait-on ramener notre empreinte carbone à zéro? Pourrait-on éliminer le recours à l’eau dans le procédé d’extraction?
C’est ce type d’engagement à l’égard de l’innovation et cette approche audacieuse qui façonneront l’avenir de notre industrie.
Avons-nous toutes les réponses? Certainement pas. Mais nous posons les bonnes questions et cherchons de véritables solutions.
N’avons-nous pas là tous les ingrédients pour nous aider à constituer le panier énergétique de demain?
Les astuces publicitaires et les injures ne font certainement pas avancer le débat. Nous devons avoir une « conversation adulte » sur les avantages et les risques associés à la production d’énergie, pour en maximiser les avantages et en minimiser les risques.
Une feuille de route de l’énergie
J’aimerais vous laisser avec quelques suggestions sur la façon dont nous pourrions élaborer ensemble une feuille de route pour bâtir un avenir énergétique durable. Cette liste de suggestions est loin d’être exhaustive, mais peut-être servira-t-elle à amorcer une discussion.
- Premièrement, nous devons évaluer les besoins en énergie de chacun des pays et de la collectivité mondiale pour les 10, 20 et même 50 prochaines années. La population mondiale devrait passer de 6 à 9 milliards d’habitants et elle aura besoin d’énergie pour développer ses sociétés.
- Il nous faut déterminer le panier de ressources prouvées et potentielles qui répondra le mieux aux besoins en énergie et appuyer l’innovation et
- les avancées technologiques qui faciliteront la mise en marché de ces ressources.
- Les gouvernements et l’industrie ont un rôle prépondérant à jouer. Les gouvernements doivent à la fois investir dans la recherche et le développement et créer un climat propice à l’investissement dans la technologie. Pour sa part, l’industrie doit davantage intégrer la recherche et le développement dans ses modèles de gestion. Le niveau d’investissement et le déploiement de nouvelles technologies devraient constituer une mesure clé de notre réussite.
- Nous devons tout mettre en oeuvre pour que les sources d’énergie renouvelable et à basse teneur en carbone occupent une plus grande place dans le panier énergétique mondial et utiliser les ressources classiques pour promouvoir la recherche et le développement d’énergies de remplacement et de nouvelles technologies écologiques.
- Les objectifs visant une meilleure gestion des émissions de gaz à effet de serre et la réduction de l’empreinte écologique de la production d’énergie sous toutes ses formes doivent demeurer une priorité absolue.
- À mesure que l’économie mondiale continue de se redresser, nous devons nous pencher sur la façon dont l’énergie est produite et utilisée. Par exemple, il est utile de rappeler que 80 % des émissions de gaz à effet de serre provenant d’un baril de pétrole proviennent du tuyau d’échappement. Nous avons une obligation individuelle et sociale de trouver des façons novatrices de conserver l’énergie et de faire plus avec moins.
En conclusion, j’aimerais tout simplement énoncer une vérité évidente. Plus d’une centaine de nations sont représentées à ce Congrès, des pays qui en sont à différents stades de développement et dont les systèmes politiques et économiques et les valeurs culturelles sont diversifiés.
Mais des forums comme celui-ci nous aident à solidifier les liens qui nous unissent.
Nous sommes tous des consommateurs d’énergie — nous l’utilisons sous différentes formes dans notre quotidien. Par conséquent, nous avons tous intérêt à définir notre avenir énergétique.
De plus, nous sommes tous des citoyens de cette planète. À ce titre, nous avons l’obligation de développer nos économies de façon responsable tout en respectant la vision du Conseil mondial de l’énergie qui est d’assurer un avenir énergétique durable.
L’héritage que nous laisserons aux futures générations sera tributaire des choix que nous ferons aujourd’hui. À mesure que nous constituons le panier énergétique de demain, assurons-nous de faire des choix éclairés et judicieux.
Merci