Apprendre de l’étudiante

Un portait d'une femme autochtone. La femme porte un chandail noir et des boucles d'oreilles perlées. Elle affiche un grand sourire et ses bras sont croisés.

Installée dans son appartement à Thunder Bay, en Ontario, Jacey Bonertz a récemment entamé son stage par l'intermédiaire du Programme pour étudiants autochtones de Suncor. Jacey travaille avec l'équipe Intégrité des actifs, qui est chargée de s'assurer que les pipelines fonctionnent de façon sécuritaire et comme ils le devraient, jusqu'à la fin du mois d'août dans le cadre de ses études à l'Université Lakehead. 

Il s'agit du troisième stage de Jacey avec le Programme pour étudiants autochtones. Son premier placement remonte à 2018, où elle a été placée à Fort McMurray en tant qu'étudiante en ingénierie.

« Il ne fait aucun doute que ce poste à Suncor me terrifiait, pour plusieurs raisons, explique Jacey. J'avais peur de ne pas être assez autochtone pour le Programme pour étudiants autochtones, je ne me sentais pas assez intelligente pour être une ingénieure et je m'inquiétais à propos de mon arrivée dans une nouvelle ville où je ne connaissais personne ».

Les inquiétudes de Jacey se sont vite dissipées lorsqu'elle a rencontré les autres étudiants du programme. Ils ont noué des liens solides rapidement en raison de leurs expériences et inquiétudes communes. 

« Ce placement en 2018 a été un moment décisif pour moi et mon identité, souligne Jacey. C'était la première fois que mes sentiments étaient validés. Je sentais vraiment que je n'étais pas seule. Finalement, j'ai rencontré mes meilleurs amis cet été-là, grâce au Programme pour étudiants autochtones ».

Jacey est née et a grandi à Pincher Creek, en Alberta; elle est membre de la Première Nation Piikani, qui fait partie de la Confédération des Pieds-Noirs dans le sud de l'Alberta. Même si elle a grandi près de la réserve et y a passé du temps, elle dit qu'elle n'était pas vraiment connectée à sa culture.

Ses origines autochtones viennent de son grand-père maternel, qui était un survivant des pensionnats et qui est décédé bien avant sa naissance. Par conséquent, Jacey n'a pas acquis le savoir traditionnel que son grand-père lui aurait transmis. Et lorsque son propre père est décédé lorsqu'elle était enfant, elle s'est accrochée aux membres de la famille de son père qui ne sont pas autochtones.

En plus d'avoir grandi dans une famille segmentée, elle s'est heurtée à des doutes lorsqu'elle s'est identifiée en tant qu'Autochtone. À l'école, elle a rencontré une hostilité relativement à ses origines autochtones, ce qui a eu des répercussions profondes sur sa confiance. 

« J'ai eu beaucoup de mal à composer avec le syndrome de l'imposteur; je ne sentais pas que j'avais ma place ». 

Aujourd'hui, Jacey est très ouverte à propos de ses origines autochtones. Elle attribue une grande partie de ce changement aux amis qu'elle a rencontrés au sein du Programme pour étudiants autochtones. « J'ai réellement entamé mon parcours lorsque j'ai rencontré ces amis, explique-t-elle. Le fait d'obtenir une validation m'a fait réfléchir à la raison pour laquelle je me sentais ainsi, et m'a permis de déterminer d'où provenaient ces sentiments ».

Jacey dit aussi que le programme est la raison pour laquelle elle est retournée à l'école après avoir obtenu son diplôme de la SAIT.

« Travailler pour Suncor est ce qui m'a poussée à retourner à l'école pour obtenir mon diplôme, ajoute Jacey. Le programme m'a aidée à découvrir pleinement mon potentiel en tant qu'ingénieure ».

À l'occasion de la Journée nationale des peuples autochtones le 21 juin, certains étudiants du Programme pour étudiants autochtones partageront leurs expériences et ce que la réconciliation signifie pour eux dans le cadre d'un groupe de discussion pour les employés de Suncor. 

Bien que Jacey ne participe pas au groupe de discussion cette année, elle y a pris part par le passé, même si elle se sentait toujours nerveuse de parler de son héritage autochtone.

« Ma plus grande insécurité a toujours été mon manque de connaissances sur ma culture, admet Jacey. J'ai toutefois réalisé que la seule façon d'y faire face était de me jeter à l'eau, d'essayer d'apprendre et d'acquérir plus de connaissances. » 

Le courage dont a fait preuve Jacey lorsqu'elle s'est lancée dans ce parcours n'est pas un acte réservé seulement aux Autochtones. Dans le cadre du Parcours vers la réconciliation de Suncor, tous les employés sont invités à en apprendre davantage sur l'histoire et les cultures autochtones. Même si Jacey est l'étudiante, nous pouvons tous apprendre d'elle.