Semaine nationale de sensibilisation aux dépendances : l'histoire de Tristan

Liam et Dana Parkes tenant une photo de leur fils, Tristan.

Timide, mais blagueur, avec un humour pince-sans-rire. » C'est ainsi que Liam Parkes, un superviseur de quart dans le secteur Extraction à Fort Hills, décrit son fils lorsqu'il était enfant. Il avait aussi un cœur d'or », indique son père, qui se souvient du moment où Tristan a dépensé son argent reçu à son 7e anniversaire pour acheter de la nourriture pour la banque alimentaire. Il s'agit de souvenirs que conserve précieusement Liam, car ceux qui suivent sont beaucoup plus difficiles à assumer. 

Tristan, lorsqu'il était enfant
Tristan, lorsqu'il était enfant.

L'adolescence de Tristan a pris une mauvaise tournure. À la suite d'une série de gestes d'intimidation qui n'ont pas été bien gérés par les figures d'autorité, il a commencé à être en colère et à avoir des problèmes à l'école ainsi que de mauvaises fréquentations. À l'âge de 15 ans, Tristan a volé des bijoux à son domicile familial à Fort McMurray pour acheter de la cocaïne, et a dû suivre une cure de désintoxication imposée par la cour.  

À l'âge de 17 ans, il a déménagé pour occuper un emploi dans la construction avec la possibilité de devenir un apprenti, mais s'est de nouveau éloigné de sa famille et de ses responsabilités lorsqu'il a commencé à consommer du fentanyl, un opioïde créant une très forte dépendance. Tristan a passé des mois dans la rue, a volé des objets et de l'argent à sa famille et a même mis en gage la bague de fiançailles de sa mère. Ses parents, aimants et dévoués, ont tout de même payé sa dette de drogue de 10 000 $ et sa caution pour qu'il sorte de prison.

À la mi-septembre 2015, après avoir accompagné Tristan à la cour pour qu'il se rapporte à son agent de probation, Dana a fait une sieste et a trouvé une note à son réveil. Tristan avait disparu.
À la mi-septembre 2015, après avoir accompagné Tristan à la cour pour qu'il se rapporte à son agent de probation, Dana a fait une sieste et a trouvé une note à son réveil. Tristan avait disparu.

Puis, en septembre 2015, on a frappé à leur porte. La police a informé Dana, la femme de Liam, que leur fils avait été retrouvé dans le placard du concierge d'un garage sous-terrain, décédé d'une surdose de fentanyl.

Tristan avait 19 ans.

« On regarde en vain notre enfant se faire enlever par une maladie et se détériorer en tant que personne, explique Liam. On les aime toujours, mais on perd confiance, et l'espoir commence tranquillement à s'envoler. Et lorsque tout cela se termine, on est dévasté, car notre enfant n'a pas réussi à s'en sortir. » 

Les membres de l'équipe de travail de Liam connaissent son histoire, et ce dernier a une politique de la porte ouverte, encourageant ses employés à venir lui parler lorsqu'ils font face à des difficultés au travail ou à la maison. Son expérience personnelle l'aide à remarquer des comportements comme l'isolement des pairs ou des situations sociales, les sautes d'humeur, la fatigue, l'anxiété et le stress; tous ces signes méritent une conversation en privé.

« Nous espérons que notre histoire sera entendue, et que ceux qui traversent une telle épreuve savent qu'ils ne sont pas seuls. Nous devons être assez braves pour intervenir et aider ceux qui souffrent en silence. »

Du 22 au 28 novembre : Semaine nationale de sensibilisation aux dépendances

Tout au long de la Semaine nationale de sensibilisation aux dépendances, il est important de prendre le temps d'en apprendre davantage sur la prévention, de parler du traitement et de la réadaptation, de comprendre que les dépendances sont un trouble et qu'elles doivent être traitées comme une maladie. Nous avons tous un rôle à jouer pour lutter contre les préjugés afin d’éliminer les barrières à l'accès au traitement et à d'autres services importants.

Avec la pandémie qui contribue à la détérioration globale de la santé de plusieurs au cours des huit derniers mois, il est plus important que jamais de prendre soin les uns des autres.

Si vous croyez avoir ou développer un problème de consommation d’alcool ou de drogues, n'hésitez pas à demander de l'aide. Faites appel au soutien local en matière de toxicomanie offert dans votre secteur. Vous n'êtes pas seul.